27.07 – Trois figures majeures de la musique russe du XXe siècle

Scriabine émancipe le langage harmonique hors du carcan tonal. Prokofiev se libère des règles, privilégiant le rythme et un lyrisme moderne. Rachmaninov est le pianiste virtuose admiré par Tchaikovsky. Trois compositeurs russes majeurs du XXe siècle, bien servis au piano par Jean-Paul Gasparian.
27.07 – Trois figures majeures de la musique russe du XXe siècle
photo Pierre-Anthony Allard
Par le symbolisme flamboyant de son langage musical et son refus de toute référence au folklore national, Alexander Scriabine (1872-1915) nous a laissé une œuvre profondément originale. Dans son imposant corpus de dix sonates pour piano, la deuxième (1898) baigne dans un style romantique impressionniste, encore marqué par l’influence de Chopin. Elle s’ouvre, comme le Clair de Lune de Beethoven, par un vaste mouvement lent, suivi d’un second mouvement évoquant l’agitation de la houle.Pianiste virtuose, Sergey Rachmaninov (1873-1943) était un grand ami de Scriabine, dont le décès prématuré en 1915 l’affecta fort. Il contribua beaucoup à diffuser les œuvres de son ami en les jouant en public. Le second cahier d’Études-tableaux date de 1916-2017, juste avant qu’il ne quitte la Russie devant la révolution bolchevique. Elles sont au nombre de 9, plus sombres et plus virtuoses encore que ne l’étaient celles du premier cahier (1911). On peut observer le caractère méditatif et nostalgique de la n°8 et le côté impétueux d’une course folle de la n°3.Comme Rachmaninov, Sergey Prokofiev (1891-1953) quitta la Russie en 1917. Il émigra d’abord aux États-Unis. Après quelques années passées à Paris et plusieurs voyages, il retourna définitivement en URSS en 1938. La deuxième sonate, œuvre de jeunesse (1912), contient en germes une grande part des caractéristiques de l’écriture pianistique de Prokofiev. Elle est dédicacée à l’un de ses amis, Maximilian Schmidthof, suicidé en 1913.Né en 1995 à Paris de parents musiciens, le pianiste Jean-Paul Gasparian est admis à l’unanimité au CNSM de Paris à 14 ans, où il obtient brillamment son Master en 2015. Depuis 2015, il suit des master class régulières auprès d’Elisso Virsaladze et actuellement se perfectionne dans le cadre d’un 3e cycle (DAI) au CNSMDP avec Michel Dalberto et Claire Désert. Il est le 1er prix du prestigieux Concours Européen de Brême (Allemagne) en 2014. Jean-Paul Gasparian est depuis septembre 2016 membre résident de la Fondation Singer-Polignac, en compagnie de Shuichi Okada et Gauthier Broutin, avec qui il a fondé le Trio Cantor.
 
Mis en ligne le 20 July 2017 à 09h18