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back MER 28.07 2010 next
M Eglise des Minimes
NEW HYPERION TRIO
Toni Salar Verdu cor de basset
Juan Carlos Ullibarri cor de basset
Vincenzo Casale cor de basset
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La tradition viennoise veut que les cinq trios K.439 aient été composés pendant l’été 1786, (la datation n’est pourtant pas certaine) peu de temps après la création des Noces de Figaro, alors que Mozart fréquentait abondamment la famille Jacquin, à qui il dédiera aussi quelques semaines plus tard son fameux trio en mi bémol, utilisant lui aussi la clarinette. Les cinq divertimenti sont tous empreints de la douce atmosphère que Mozart trouvait chez ses nouveaux compagnons, où se mêlaient étroitement amitié fraternelle et climat spirituel des loges maçonniques, dont les Jacquin faisaient partie tout comme lui.

Rien ne ressemble moins au divertissement selon l’esprit galant que ces pages si proches de certains passages de la Flûte Enchantée, nous explique Brigitte Massin. Mozart ressuscite pour elles l’ancien genre parfaitement symétrique de la « suite » à deux menuets encadrant un mouvement lent, eux-mêmes encadrés par deux mouvements rapides. A la même époque, Mozart explore d’autres formes inusitées, comme le quatuor à clavier par exemple, et montre par-là qu’il s’est affranchi de toute contrainte grammaticale ; passant outre l’esprit galant, il en utilise les formes (ou d’autres formes héritées d’esthétiques révolues) pour un discours infiniment plus moderne, humaniste et progressiste, le dialogue du social et de l’individuel, qui est par ailleurs le thème même des Noces de Figaro. Cette attitude nouvelle est précisément celle qui isolera définitivement Mozart de la plus grande partie de l’élite sociale et même intellectuelle de son temps, déroutée par tant d’indépendance et d’originalité.
On pourrait encore évoquer à propos de ces œuvres l'association fréquente chez Mozart entre la clarinette (ou son grand frère le cor de basset) et le caractère maçonnique des pièces écrites pour ces instruments. Mais le propos de Mozart ici n'est peut-être pas tant philosophique que d'exprimer par des pièces spontanées et tendres, originales et libres, tout l'enthousiasme de la jeunesse séduite par une belle journée d'été.

Le même esprit léger et insouciant se retrouve dans les duos K.487, parfaitement contemporains, et inspiré du même environnement heureux. Portant la date du 27 juillet 1786, ces duos sont au nombre de douze ; il est intéressant de remarquer que Mozart n’accorde pas à ces pièces suffisamment d’importance pour les inclure dans le catalogue pourtant très soigné qu’il fait de ses propres compositions. Il les voit sans doute comme de petites pochades dédiées au moment présent, mais indigne de toute postérité. Il les dédie cependant à ses excellents amis Jaquin.

Contemporain toujours, et d’un esprit très proche, les transcriptions d’airs extraits des Noces de Figaro sont le témoin des très nombreuses adaptations, transcriptions, réminiscences ou paraphrases dont faisaient alors l’objet les opéras à succès - et ceci perdurera encore tout au long du XIXè siècle. Pièces destinées au salon ou même au kiosque, elles contribuaient à établir la popularité d’un opéra auprès d’un très large public, alors que l’accès aux théâtres était réservé aux élites seulement.


Claude Jottrand
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Divertimento l, K.439b
Allegro
Menuetto-Trio
Adagio
Menuetto
Rondo: Allegro


Duo pour cors de basset, K.487
Allegro
Adagio
Allegro


Arie, extraits des “Le Nozze di Figaro”
“Voi che sapete”
“Non piu andrai, farfallone amoroso”