picture
picture
picture
Français picture Nederlands picture
picture picture
picture
Calendrier Edito Festivals Partenaires Infos Mailinglist Contacts
picture
back MER 29.07 2009 next
M Eglise des Minimes
picture
LUNAISIENS
Jean-François Novelli ténor
Arnaud Marzorati baryton
Daniel Isoir pianoforte
Photo
line
«Heureux le peuple qui chante, et qui laisse à d’autres le cruel et triste soin d’aiguiser les poignards.»
Louis Sébastien Mercier. 1788

C’est en chantant que le peuple Français allait s’entretuer sur près d’une décennie, aiguisant ses chansons et ses refrains pour qu’ils deviennent de véritables couperets sanguinaires.

« - C’est une révolte ?
- Non, sire, c’est une révolution… »

Il eut suffi à Louis XVI de porter attention aux chansons nouvelles - et cela bien avant la prise de la Bastille - pour comprendre que sa gouvernance n’était plus adaptée aux faits et que le bon peuple français chantait alors autre chose que des romances, des airs à boire ou des musettes. L’inspiration populaire, hantée des refrains du passé, allait transformer ses espoirs, ses rancunes et ses colères en couplets exaltés, harangueurs, politiques et patriotiques.

Dans un premier temps, les chansonniers, qu’ils adhèrent ou non aux idées nouvelles issues de la pensée du Siècle des Lumières, composent en majorité des textes encore empreints d’un patriotisme sage et d’un fervent loyalisme à la couronne. Mais bientôt, confusions et malentendus s’installent. Le roi, la reine, la noblesse et le clergé deviennent le point de mire des sarcasmes et des attaques des nouveaux chansonniers. Tout est bon pour parodier l’ancien régime. On veut tous les mener à la guillotine, et c’est en s’enivrant des couplets du Ca ira et de la Carmagnole que l’on finit par commettre l’inévitable ou l’inimaginable (selon les avis).

En 1793, la messe est dite… A tel point que la religion, pourtant bannie de la pensée révolutionnaire, trouve une nouvelle forme d’exaltation avec le culte de l’Etre suprême : Robespierre lui-même glorifie la Nature, l’Univers et le Néant (chanson l’Hymne à l’Etre suprême de Théodore Desorgues sur une musique de Gossec), nourrissant la population d’un nouveau culte frôlant l’idolâtrie.

La période révolutionnaire a sans doute produit plus de trois mille chansons.
Il ne faut pourtant pas négliger le répertoire de la contre-révolution avec des chansonniers hostiles, frondeurs ou écoeurés et qui ne croient pas à l’avenir avec des « sans culottes » et des jacobins. C’est ainsi que François Marchant, qui voulut entrer dans les ordres, Ange Pitou, espion de la Reine, ou le chevalier de Boufflers, ex-gouverneur du Sénégal et émigré, pratiqueront une véritable guerre de l’ombre en composant des textes opposés aux idéaux républicains, parodiant ou contrant les élans exaltés des nouveaux citoyens tels que Rouget de l’Isle et sa Marseillaise, M.J. Chénier et son Chant du Départ.

D’autres s’attristeront sur le sort de leur pays ou de la royauté en composant par exemple, une Complainte de Louis XVI aux Français sur l’air de Pauvre Jacques que l’on chantait autrefois dans les salons de Marie-Antoinette et qui devint le chant de ralliement des royalistes ; ou bien le Pauvre temps de Darcy, nostalgique du savoir vivre de l’ancien régime.

D’une chanson à l’autre, chacun s’est ainsi engagé jusqu’au bout dans ses idéaux, et s’est battu en musique et en refrains, sur des airs simples, éternels ou oubliés, bien conscient qu’une page de l’histoire de France se tournait… La tourmente révolutionnaire passée, un nouvel art de chanter était apparu : la chanson politique ou engagée, qui, peut-être, possède le pouvoir de renverser les gouvernements.



Arnaud Marzorati
François-Joseph Gossec (1734-1829)
Domine salvum (14 juillet 1790, pièce instrumentale solennel en l’honneur du Roi)


Anon.
Pauvres Jacques


Anon.
Chanson grivoise


Anon.
Un pain de’quatr’livres


Anon.
La trahison punie


Anon.
Guillotin


Anon.
Bouton de Rose


Claude-Bénigne Balbastre (1727-1799)
Variations (Ca ira / Marseillaise)


Anon.
Complainte de louis seize et parodie


François-Joseph Gossec (1734-1829)
Hymne à l’être suprême


Louis Ange Pitou (1767-1846)
La queue de Robespierre


Anon.
Marseillaise & contre Marseillaise
picture
picture
picture