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C Conservatoire
QUATUOR ALFAMA
Guillaume Coppola piano

Elsa de Lacerda violon
Céline Bodson violon
Kris Hellemans alto
Renaat Ackaert violoncelle
Photo
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Cette œuvre, une des préférées d’un compositeur qui n'était pas tendre pour ses propres productions, fut écrite en 1861-62, mais connut de nombreuses retouches avant sa publication sous une forme définitive en 1865.

Née au départ sous la forme d'un quintette à cordes pour deux violons, alto et deux violoncelles, le manuscrit de la première ébauche fut détruit par le compositeur après un accueil défavorable de ses proches, le violoniste Joseph Joachim et Clara Schumann en tête, lors d'une première exécution privée en 1863. Brahms remit sur le métier son ouvrage, et présenta en 1863 une deuxième version, au plan et aux développements identiques, mais destinée cette fois à deux pianos, connue dans son catalogue comme sonate sous le numéro d'opus 34 b, et dont il autorisa la publication en 1872.

Cette version intermédiaire n'emporta pas non plus l'adhésion; lors de sa première audition à Vienne en 1864, Clara Schumann sembla désespérée: "c'est une œuvre si pleine d'idée qu'elle requiert un orchestre tout entier. Au piano, la plupart de ces idées se perdent… Je t'en prie, revois-la encore" écrit-elle à Brahms qui pourtant chérissait cette version à deux pianos. Il reprend néanmoins la partition dès l'été 1864, à Baden-Baden, pour lui donner la forme que nous connaissons aujourd'hui, qui fut alors unanimement considérée comme une réussite absolue.

Le premier mouvement, Allegro de forme sonate très classique, affirme un beau thème initial d'une noblesse ferme et résolue, suivi d'un second thème de caractère lyrique qui débouche sur un troisième plus rythmé; le développement n'utilise que les deux premiers thèmes et la réexposition retrouve l'énergique élan du début, d'inspiration toute beethovénienne, virilement pathétique.

L'Andante qui évoquerait plutôt Schubert, autre référence incontournable dans le domaine du quintette, nous fait pénétrer dans un univers plus sombre, brumeux et nordique, aux rythmes ondulants, aux contours fuyants; le Scherzo qui suit où l'on retrouve l'inspiration beethovénienne, maintient la même atmosphère nordique, et ses rythmes syncopés accentuent son caractère vagabond et fantasque.

Le Final, d'une ampleur considérable, à la thématique foisonnante et extrêmement développée, évolue au gré de l'intuition lyrique du compositeur sans plan formel bien établi, chaque partie générant la suivante par son développement propre, pour aboutir après la construction d'un climat au dramatisme croissant, à une suite d'accords conclusifs éclatants et pleins de gaieté.

Claude Jottrand
Johannes Brahms (1833-1897)
Quintette pour piano et cordes en fa mineur, op.34
Allegro non troppo
Andante, un poco adagio
Scherzzo (Allegro)
Finale