En 1183, un prĂȘtre normand dâorigine galloise qui voyageait sur lâĂźle dâIrlande dĂ©crivit âle caractĂšre paresseux de ses habitants, mais surtout la forte impression laissĂ©e par leurs prouesses musicalesâ. Il continue: âDes gens incomparablement plus douĂ©s avec les instruments de musique de tous les pays que jâai pu visiter auparavant. Leur style, contrairement Ă celui des anglais, solennel, est rapide et vivant. Il est Ă©tonnant de voir quâavec des doigtĂ©s si rapides, la mĂ©lodie est maintenue et lâintĂ©gralitĂ© du morceau respectĂ©e grĂące Ă une discipline infaillible.â
La musique traditionnelle irlandaise est le produit dâune tradition musicale qui a Ă©voluĂ© par transmission orale Ă travers les fiddlers, pipers et autres interprĂštes qui transmirent les tunes (airs) Ă leurs proches. Cette mĂ©moire purement musicale ne fut que rarement prise en dĂ©faut -le nombre de tunes parvenues jusquâĂ nous en tĂ©moigne, et les diffĂ©rences entre diverses versions sont quasiment insignifiantes : on peut presque toujours trĂšs aisĂ©ment reconnaĂźtre la mĂ©lodie -, par contre il en va tout autrement des titres car bon nombre de mĂ©lodies peuvent se retrouver sous plusieurs titres, parfois fort diffĂ©rents.
Principalement originaire des XVIIIe et XIXe siĂšcles sous la forme connue actuellement, la musique irlandaise peut ĂȘtre rĂ©partie en trois groupes distincts: la musique instrumentale, essentiellement musique de danse (reels, jigs, hornpipes, polkasâŠ); le chant traditionnel sean-nos (chant ancien) qui est un chant a capella en gaĂ©lique qui remonte au Moyen Ăge; et une musique plus mĂ©lodique et calme comme les ballades, les slow airs ou les laments. Les danses reprĂ©sentent lâessentiel du rĂ©pertoire et sont immĂ©diatement identifiables par leur rythmes caractĂ©ristiques. On dĂ©nombre plus de 6000 mĂ©lodies ou tunes rĂ©parti en plusieurs types dont les trois principaux sont la jig, le reel et le hornpipe. En gĂ©nĂ©ral, quelle que soit la danse, la structure usuelle adopte la forme A A B B oĂč A sâappelle tune et B turn. Comportant quatre ou huit mesures chacune, elles forment une sorte de âquestion-rĂ©ponseâ. Chaque partie est rĂ©pĂ©tĂ©e, mais la fin de la reprise est parfois lĂ©gĂšrement modifiĂ©e pour permettre aux danseurs de savoir quand ils doivent sâapprĂȘter Ă un pas diffĂ©rent. On rencontre parfois une troisiĂšme et plus rarement encore une quatriĂšme partie concluant la danse; dans la majoritĂ© des cas, composĂ©es par un interprĂšte, elles sont des variations qui se sont introduites dans le rĂ©pertoire au fil du temps.
On assiste depuis les annĂ©es â70 Ă un intĂ©rĂȘt trĂšs marquĂ© pour la musique irlandaise dans le monde entier, particuliĂšrement aux Ătats-Unis oĂč existe une forte communautĂ© d'origine irlandaise. Si la musique actuelle, harmonisĂ©e selon des canons modernes et travaillĂ©e en studio, a peu de choses en commun avec les interprĂ©tations originales, elle a acquis en contrepartie une renommĂ©e internationale exceptionnelle. La richesse des possibilitĂ©s dâinterprĂ©tations, les mĂ©lodies mĂ©lancoliques ou joyeusement rythmĂ©es et surtout cet instrumentarium particulier et diversifiĂ© - fiddle (violon), whistles (flĂ»tes), uilleann pipes (cornemuse irlandaise), accordĂ©on, harpe, bodhran -font de la musique irlandaise une des traditions les plus sĂ©duisantes dâEurope occidentale.
Bernard Mouton
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Musique traditionnelle irlandaise
Lord Mayo/Gavotte/Maid of Mont Cisco
Rolling waves/Market town/Scatter the mud
Polkas A to D
3 reels in d
Barn dances
Ask my father/Mc faddens/Boys of ballysodare
Aires de Pontevedra/Muineara de casu
Eel in the sink/Convenience reel/Music for a found Harmonium
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