Compositeur français né à Joinville (Haute-Marne), François Devienne était le benjamin des quatorze enfants d'un artisan sellier. Après avoir appris de manière précoce plusieurs instruments avec son frère aîné, il devient enfant de chœur dans sa ville natale. À l'automne 1779, il est engagé comme bassoniste à l'Opéra de Paris, pour une saison, et étudie la flûte auprès du premier flûtiste de l'orchestre, Félix Rault. On le retrouve ensuite postulant dans différents ensembles parisiens comme soliste ou musicien d'orchestre. La première exécution publique d'une de ses œuvres, un concerto pour basson, est donnée au Concert Spirituel dès 1780. Il entre alors au service du cardinal de Rohan et adhère à la loge maçonnique Olympique, dont il anime l’orchestre. Il se produit en soliste, tant à la flûte qu’au basson au Concert Spirituel, avec des concertos de sa propre composition. De 1785 à 1789, on suppose qu'il sert dans l'ensemble musical de la Garde Suisse de Versailles. Il devient, en 1788, bassoniste au Théâtre de Monsieur et est très recherché comme professeur de basson. Il rallie ensuite les idées progressistes de la Révolution Française et on le retrouve à l'opéra de Paris en 1793. Parallèlement, il compose. En automne 1790, il s'engage dans la musique de la Garde nationale, où il est, entre autres tâches, chargé d'enseigner la musique aux enfants des soldats et de participer aux nombreuses festivités musicales de Paris. Cette activité est officiellement reconnue comme École libre de musique de la Garde Nationale en 1792. Elle intégrera l'Institut national de musique de 1793. En 1795, l'Institut national de musique devient le Conservatoire de Paris. Il y est un des neuf administrateurs. Dans le cadre de ses fonctions, il écrit une Méthode de flûte théorique et pratique (1793) qui fut longtemps utilisée. Il participe aussi à la lente élaboration des progrès techniques que connaissent alors les instruments à vent, encore fort éloignés des formes que nous leur connaissons aujourd’hui. Les années 1790 sont d'ailleurs propices à sa carrière, du moins à sa renommée de musicien, puisqu'il compose pendant cette période quelques opéras appréciés dont un qui lui apportera le véritable succès, les Visitandines créé au Théâtre Feydeau en 1792. La pièce est jouée plus de deux-cents fois, jusqu'en 1797. Trois autres de ses opéras y seront encore créés. En mai 1803, il est interné à l'asile de Charenton, institut pour malades mentaux près de Paris, sans qu’on sache très bien le mal dont il souffrait. Il y mourra rapidement. Parfois surnommé (en France…!) le Mozart français - il en fut, à quelques années près, l’exact contemporain - Devienne a laissé de très nombreuses compositions pour flûte et pour basson, sous forme de concertos ou de pages de musique de chambre, destinées à son propre usage ou celui de ses élèves et présentant toutes, à des degrés divers, un caractère de virtuosité marqué mêlé à un charme mélodique très typique du XVIIIè siècle français. Ces partitions ne sortirent plus ou moins de l'oubli que grâce au travail d’exhumation du flûtiste français Jean-Pierre Rampal dans les années 1960; sa notoriété auprès du grand public reste cependant encore à établir.
Claude Jottrand
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François Devienne (1759-1803) Sonate en fa majeur pour basson et basse continue, op.24 n°3 Allegro Largo Rondeau
Sonate en sol mineur pour basson et basse continue, op. 24 n°5 Allegro con espressione Adagio Rondeau |