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C Conservatoire
Jean-Luc Votano clarinette
Arnaud Thorette alto
Johan farjot piano
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Max Bruch est né à Cologne et mort à Berlin. Chef d'orchestre et professeur de composition, il est resté célèbre pour ses concertos pour violon, ses œuvres pour chœur et orchestre et quelques pièces instrumentales, parmi lesquelles les 8 pièces pour clarinette alto et piano, ainsi qu'un concerto pour clarinette et alto (op.88) explorant le même mariage de timbres. Fort influencé par Brahms, jusqu'à l'imiter dans sa mise et son apparence physique, il puisa une grande partie de son inspiration dans les thèmes du folklore qu'il traitait sur le mode postromantique, non dépourvu d'un certain académisme.

Les huit pièces pour clarinette et piano op.83 font certainement preuve de cet académisme, ainsi que d'une influence globale des grands maîtres allemands du passé, au premier rang desquels Jean-Sébastien Bach et les romantiques. Publiées en 1910 à Hambourg, elles n'en sont pas moins un témoignage parlant de la musique purement instrumentale d'un siècle finissant, musique d'atmosphère bourgeoise, sans prétention au génie.

La première pièce est un andante d’une structure simple et limpide, dans le style d’une romance un peu naïve. Bruch ne quitte pas le style de la mélodie accompagnée. Dans la deuxième, allegro con moto, l'écriture en triolets du piano rappelle les partitions de clavecin du maître de Leipzig. Dans la troisième pièce, andante con moto, il nous propose une petite marche triste au rythme bien campé, à trois temps, alternée à deux reprise avec des andante binaires plus mélodiques.

La quatrième pièce, Allegro agitato, la plus longue du recueil, se révèle aussi d'une construction harmonique et d'un développement mélodique plus élaborés. Bruch y explore la veine romantique qui le caractérise, dans un style très proche de Schumann ou de Brahms, sans néanmoins sortir d'un cadre rythmique rigide. La cinquième, intitulée Rumänische Melodie (Mélodie Roumaine), est un andante à trois temps où le thème, présenté en canon à la clarinette et à l'alto, entraîne le piano dans un court développement virtuose.

La sixième, intitulée Nachtgesang (chant de la nuit) est encore un andante. Un thème très doux est présenté successivement à la clarinette puis à l’alto ; un passage central où les deux instruments se répondent amène un retour du thème initial, mais en canon cette fois, dans une atmosphère de sérénité un peu sombre et romantique.

La septième, en contraste, commence par un thème vif et léger au piano, vite repris par les deux autres instruments. Une sorte de dialogue en imitation s’installe, sans cesse relancé par le piano qui jongle avec espièglerie. Enfin, la huitième et dernière pièce du cycle, Moderato sans titre particulier, longue mélopée un peu triste aux sombres harmonies mineures, brahmsienne à nouveau, clôt le recueil sur une belle atmosphère lyrique et poétique, au caractère mélodique très marqué.


Claude Jottrand
Max Bruch (1838-1920)
8 Stücke, pour clarinette, alto et piano, op.83
1. Andante
2. Allegro con moto
3. Andante con moto
4. Allegro agitato
5. Rumanische Melodie Andante
6. Nocturne Andante con moto
7. Allegro vivace, ma non troppo
8. Moderato