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back VEN 27.08 2010 next
C Conservatoire
RosaSolis
Magali Léger soprano
Albane Carrère mezzo-soprano

Guillaume Humbrecht violon
Marieke Bouche violon
Géraldine Roux alto
Jérôme Huille violoncelle
Ludovic Coutineau contrebasse
Julie Blais orgue
Photo
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Né à Jesi près d’Ancône, Pergolesi manifesta des dons précoces de sorte qu’on l’envoya étudier à Naples au célèbre Conservatoire des Poveri di Gesù Cristo où il fut l'élève de Durante. Il y reçut une solide formation musicale centrée sur l'apprentissage de l’esthétique à travers deux univers opposés : l'opéra napolitain et la polyphonie religieuse.
Sa première œuvre, la Conversatione di San Guglielmo d'Acquittana, en 1731, le rendit immédiatement célèbre. Il reçut dans la foulée la commande de son premier opéra, Salustia qui connut un grand succès tout comme l'année suivante son Frate 'innamorato.
Le violent tremblement de terre qui frappa Naples l’année suivante fut pour lui l’occasion de composer sa grande Messe solennelle à dix voix, double chœur, deux orchestres et deux orgues ainsi que ses Vêpres solennelles à cinq voix.
Continuant ses allers-retours entre musique sacrée et musique profane, Pergolesi écrivit encore plusieurs opéras et des intermezzi, petites farces dans le goût napolitain jouées pendant les entractes pour distraire le public. C’est ainsi qu’il fit jouer en 1733 la Serva Padrona (La Servante maîtresse), "intermezzo per musica", qui devint ensuite une œuvre autonome au succès exceptionnel.
De santé fragile, le jeune musicien dut se retirer au début de l'année 1735 au monastère des Capucins de Puzzuoli, près de Naples. C'est vraisemblablement dans ce monastère qu’il composa ses deux dernières œuvres, un Salve Regina et son superbe Stabat Mater, commande de son principal mécène le duc de Maddaloni, destiné à remplacer une partition jugée démodée d’Alessandro Scarlatti. Atteint de tuberculose, il mourut en mars 1736 à l'âge de 26 ans !
Son génie indéniable, l’originalité de son style pré-classique, qui annonce avec quarante ans d’avance l'œuvre de Mozart, et sa mort prématurée, il n’en fallait pas plus pour créer une légende, avec pour conséquence que plus de 300 numéros d'opus lui furent attribués dont seulement une trentaine semblent aujourd’hui légitimes. S’il était célèbre en Italie de son vivant déjà, sa véritable renommée fut pourtant posthume et particulièrement vivante dès le XIXe siècle.
Bien que d’origine non biblique, le Stabat mater a exercé depuis longtemps un attrait considérable, de telle sorte qu’il s’est peu à peu imposé dans la liturgie catholique.
Le texte, aux accents dévotionnels de piété personnelle, est étranger à l’hymnodie latine traditionnelle et se réclame plutôt de l’esprit de Saint-François. Le Poème du Stabat mater est d’ailleurs attribué au franciscain Jacopo da Todi († 1306). Adopté comme une des séquences de la messe romaine au XVe siècle pour la Compassion de la Vierge, il devient également populaire sous la forme d’hymne, s’imposant rapidement dans les offices de la Semaine Sainte ; les six premières sections évoquent la douleur de la Vierge au pied de la croix, et les six dernières la passion du Christ et la perspective du repos éternel.
Le Stabat Mater de Pergolesi est donc la dernière œuvre d'un homme mort à 26 ans, la plume à la main. Ecrit pour deux voix solistes et un petit ensemble instrumental, il débute par une sorte de marche obstinée figurant la montée du Golgotha. Le langage musical, au dramatisme très efficace, comprend de nombreux chromatismes évoquant l’affliction dans la douleur et dans la mort. Cependant, le caractère quasi dansant de certains numéros marqués allegro, fort éloigné du texte, laisse de nombreux interprètes dans la perplexité. Sur le plan strictement musical, il viennent pourtant établir un heureux équilibre avec les passages plus douloureux et permettent d’alléger la partition.


Claude Jottrand
Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736)
Stabat Mater
Stabat Mater dolorosa. Grave
Cujus animam gementem. Andante amoroso
O quam tristis. Larghetto
Quae moerebat et dolebat. Allegro
Quis est homo. Largo - Allegro
Vidit suum dulcel natum. A tempo giusto
Eia Mater. Andantino
Fac ut ardeat cor meum. Allegro
Sancta Mater. A tempo giusto
Fac ut portem Christi mortem. Largo
Inflammatus et accensus. Allegro
Quando corpus morietur. Largo assai - Presto assai